L’hypersexualisation

L’hypersexualisation

Certains jeunes participent à des concours de fellation, simulée ou réelle, lors des fêtes entre amis et même à l’école, ou encore dans les bars où les organisateurs ont bien entendu dépassé l’âge de l’adulescent! Pour couronner le tout, des photos très explicites de l’événement se retrouvent sur facebook. Ces adolescentes, qui ont l’air tellement d’aimer ça, ont-elles donné leur consentement libre et éclairé ?

Y’a rien là !

Ce «jeu» banalise malheureusement la sexualité en l’axant sur la seule performance. Les sexologues et autres adultes qui osent dénoncer l’hypersexualisation sont qualifiés de puritains par ceux qui allèguent que ces pratiques ne sont pas pires que les coups de hanches d’Elvis dans les années 50! Les universitaires auraient remplacé les curés, disent-ils!

 

Des jeunes femmes blasées

Selon la chercheuse sexologue Francine Duquet, nous sommes passés d’un excès à  l’autre. La révolution sexuelle des années ’60 a permis de passer «d’une sexualité-péché à une sexualité-plaisir». Or, la publicité et les médias, puis l’explosion  depuis une dizaine d’années des sites XXX sur le web – dernier outil d’éducation et non le moindre ! – ont contribué à la commercialisation indue des corps et influencent les préoccupations des jeunes, voire des enfants et même des adultes.

 

Les sexologues rencontrent de plus en plus de jeunes femmes qui se disent blasées à propos de la sexualité parce qu’elles ont presque tout essayé. Elles n’ont plus de désir sexuel et offrent leur corps comme une simple marchandise. Elles jouissent mécaniquement, mais elles sont loin de vivre leur sexualité comme un moment d’intimité et de plaisir partagé. Qant aux hommes, plusieurs sont angoissés à l’idée de ne pouvoir être à la hauteur de satisfaire une femme, sans oublier ceux qui croient qu’ils ont un trop petit pénis en se comparant aux modèles présentés par la pornographie. Ils ont des troubles érectiles et/ou ils n’ont plus désir sexuel eux non plus. Oui, ça existe!

 

 

La sexualité: une intimité partagée

Le plaisir sexuel ne se limite pas aux organes génitaux. Certes, la génitalité en fait partie, mais la sexualité est avant tout un lieu privilégié pour le partage de moments intimes avec l’autre, la sensualité, les émotions ressenties, le plaisir à se découvrir mutuellement. Dans l’hypergénitalisation par contre, seuls les organes génitaux sont investis: on ne donne pas aux corps l’occasion d’établir la complicité, le désir et l’ouverture à l’autre. De plus, on finit par chercher toujours quelque chose de plus intense et nouveau parce que les émotions sont totalement évacuées. Les tabous sautent…mais où tracer les limites ?

 

L’éducation sexuelle

La cyberpornographie, c’est comme l’alcool : elle est là pour rester! Notre meilleure arme contre cette forme d’exploitation sexuelle? L’éducation sexuelle. Parlons de l’apprentissage de l’intimité, de la sensualité et l’érotisme. Être à l’écoute de l’autre et de ses besoins sexuels et affectifs.

Comme le dit si bien la sexologue Jocelyne Robert, «ne faisons pas de l’amour un nouveau tabou»!

 

Par Nicole Desjardins, M.A., Sexologue et psychothérapeute

Thérapeute spécialiste de la thérapie du couple et de la famille

 

Pour joindre l’auteure: 819-320-0234/Laurentides ou 450-530-6630 (Ste-Rose, Laval)

Cet article a été publié dans le journal régional Çapresse des Laurentides, novembre 2010

Une conférence sera présentée sur les impacts de la cyberpornographie sur l’intimité sexuelle du couple,  le 13 avril 2011 à Val-David.

 



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