Parfois proche, parfois lointain: trouver la juste distance (2e partie)

Parfois proche, parfois lointain: trouver la juste distance (2e partie)

« Charme-moi par ton absence, séduis-moi par tes silences, intrigue-moi, mais à distance. Ton amour est trop lourd. Tu me serres trop fort », chantait Jim Corcoran.

Dans la première partie de cette chronique, nous avons vu que le dépendant excessif sacrifie sa vie et son identité pour la relation parce qu’il se sent, plus souvent qu’autrement, submergé par la peur d’être abandonné.

Le contre-dépendant, quant à lui, étouffe dans la relation. Il cache son insécurité que le dépendant porte pour lui. Tandis que le dépendant vit l’angoisse du rejet, le contre-dépendant vit un mélange de culpabilité, de colère, de doute et de frustration. Il sait qu’il pourrait blesser l’autre en le repoussant, mais redoute du même coup la solitude après la séparation.

Le contre-dépendant dans le rôle du salaud!

Généralement, le contre-dépendant est celui qui quitte et qui porte l’odieux de l’échec de la relation. On lui reproche de ne pas s’être occupé de l’autre adéquatement, d’avoir peur de l’intimité.

Le contre-dépendant utilise le travail et les enfants comme des excuses. Il diminue ses comportements de séduction et le désir sexuel diminue progressivement. Il communique de moins en moins, s’enferme dans le silence, croyant ainsi acheter la paix. Il commence à regarder ailleurs. Parfois, il entretient une relation extra-conjugale ou a des aventures passagères.

Le contre-dépendant se met plus souvent en colère contre le dépendant. Ce dernier, comble du paradoxe, s’attache de plus en plus au contre-dépendant, de peur d’être abandonné. Le contre-dépendant vit une forte ambivalence, à la fois une attirance et une aversion envers son partenaire. Plusieurs se résignent ou abdiquent: il faut bien vivre avec quelqu’un, se disent-ils. Encore, ils proposent parfois une séparation provisoire.

Le dépendant vit sa peine d’amour après la séparation, tandis que le contre-dépendant vit les pires angoisses avant de prendre la décision de rompre ou non.

Solution: la co-responsabilité

Il n’est pas rare qu’une personne tienne le rôle du dépendant dans une relation, tandis qu’elle était plutôt contre-dépendante dans une autre. Comme on dit, «ce n’est pas figé dans le béton» !

Dans un couple, les deux personnes concernées doivent reconnaître l’impasse. Ils sont co-responsables des difficultés, mais aussi des solutions. Surtout, maintenir une bonne communication entre les deux partenaires est essentiel pour pratiquer la juste distance.

Le dépendant doit apprendre à se passer de l’être aimé dans le moment même où il désire le plus intensément sa présence. Il doit investir son énergie émotionnelle ailleurs. Il doit prendre ses distances, mais pas pour provoquer. Il doit plutôt devenir la personne qu’il veut devenir avec son partenaire. Il doit agrandir son autonomie personnelle.

Le contre-dépendant doit d’abord accepter les sentiments de culpabilité, de colère, d’ennui et de froideur qui surgissent dans le déséquilibre de la relation. Pour lui, il est essentiel de se garder une porte de sortie. Il doit apprendre à faire un mouvement de retour vers l’autre sans avoir peur de se sentir dévoré. Ce mouvement sera une tentative et non une obligation. Le but n’est pas d’investir davantage, mais de voir si on en a les capacités.

Il faut rétablir des liens amicaux avec le partenaire, essayer l’affection. Ici, la qualité du temps passé ensemble prime sur la quantité. Le contre-dépendant doit apprendre à montrer ses points faibles. Après tout, la véritable autonomie s’accompagne d’un profond sentiment d’interdépendance.

Surtout, il faut se donner du temps. La démarche peut parfois prendre plus d’un an. Il faut apprendre à se remettre des conflits et accepter les rechutes, inévitables.

Pour éviter l’épuisement amoureux, la thérapie de couple peut aider les deux conjoints à redéfinir et à expérimenter de nouveaux comportements afin de trouver la juste distance, ou parvenir à rompre sans tout fracasser, surtout lorsqu’il y a des enfants.

Référence: Le paradoxe de la passion: les jeux de l’amour et du pouvoir, Delis, D. et Phillips, C. Éd. Robert Laffont, 1992.

Par Nicole Desjardins, M.A., Sexologue et psychothérapeute

Thérapeute spécialisée de la thérapie de couple et familiale

819-320-0234  Val-Morin, Laurentides

450-530-6630  Ste-Rose, Laval

www.nicoledesjardins.com

www.therapiedecoupleetfamiliale.com

Cet article a été publié dans le journal communautaire Ski-se-dit de Val-David, juin 2011

 

 



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