Parfois proche, parfois lointain: trouver la juste distance (1ière partie)

Parfois proche, parfois lointain: trouver la juste distance (1ière partie)

Jean Leloup l’avait bien dit : « Ah, je ne peux pas vivre sans toi. Et je ne peux pas vivre avec toi. Mais tu peux très bien vivre sans moi. Je suis foutu dans les deux cas! »

Au cœur de toutes les relations de couple se trouve l’intimité, cette dualité entre les besoins de dépendance et ceux de contre-dépendance.

La dépendance est le besoin de rapprochement, de fusion. La contre-dépendance est plutôt le désir d’autonomie, de liberté.

Dans le couple contemporain, l’idéal est que chacun ait la capacité d’exprimer à la fois des besoins de dépendance et de contre-dépendance et de savoir créer un espace de dialogue afin de trouver ensemble des solutions pour répondre aux besoins de rapprochement et d’éloignement de l’autre. C’est le trio « Moi, Nous, Toi ». Tout un défi! Disons qu’il y en a qui sont mieux équipés que d’autres pour y arriver. Quiconque vit la moindre solitude comme une crainte de se faire lâcher, ou encore le moindre rapprochement comme une tentative d’envahissement et de contrôle, se sent malheureux précisément parce que l’actuelle situation replonge dans des blessures profondes de l’enfance. Comme le dit Jacques Salomé « Une relation, pour s’inscrire au futur, doit construire un présent sur un passé clarifié ».

Il est illusoire de croire qu’on a les mêmes besoins d’intimité. Mais quand les besoins sont disproportionnés, un conflit paradoxal peut se déclencher.

Résultat: le couple se sent piégé. Plus le dépendant revendique de la proximité, plus le contre-dépendant se distancie, par peur de perdre sa liberté. Encore, plus le dépendant se sent abandonné, plus il exige du contre-dépendant qu’il le rassure en répondant à ses demandes de proximité. Attention, impasse!

Je t’aime gros comme la terre!

Le dépendant excessif sacrifie sa vie et son identité pour la relation. Il est aux aguets des moindres oublis, les retards…de peur d’être abandonné. Faire l’amour est surtout un moyen d’être rassuré. Surtout, il veut éviter à tout prix de déplaire au contre-dépendant, croyant à tort que l’amour finira par vaincre tous les problèmes conjugaux. Il ignore que le meilleur moyen de conquérir le contre-dépendant est justement de cesser de «tout faire».

Mais le dépendant vit aussi de l’ambivalence. «Dois-je quitter cette relation souffrante et humiliante ou dois-je me rappeler que je n’ai jamais été aussi amoureux et que je vais mourir sans lui?». Il espère secrètement que l’autre apaisera sa désespérance.

Au début, le dépendant refoule son ressentiment. Puis, inévitablement, sa frustration augmente et sa colère peut devenir autodestructrice. Arrivent alors la jalousie, la possessivité et parfois même le jeu de l’indifférence et du chantage. Le dépendant peut exploser de violence pour reprendre son pouvoir perdu ou même menacer de se suicider.

D’emblée, le dépendant semble être la victime de cette dynamique relationnelle. Pourtant, il s’agit bien d’une affaire à deux, dosée et modulée au rythme de l’investissement et de la stratégie de chacun, entre son besoin de rapprochement et le besoin d’autonomie de son partenaire contre-dépendant.

Suite le mois prochain où seront abordées les caractéristiques du contre-dépendant ainsi que des pistes de solutions pour sortir de l’impasse et trouver la juste distance.

Référence: Le paradoxe de la passion: les jeux de l’amour et du pouvoir, Delis, D. et Phillips, C. Éd. Robert Laffont, 1992.

Par Nicole Desjardins, M.A. Sexologue et psychothérapeute

Thérapeute spécialisée de la thérapie de couple et familiale

819-320-0234  Val-Morin, Laurentides

450-530-630   Ste-Rose, Laval

 

 

 

www.nicoledesjardins.com

Cet article a été publié dans le journal communautaire Ski-se-dit de Val-David, juillet 2011

 



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